Célébration de l’écriture CURSIVE

À l’ère des doigts qui pianotent allégrement sur les claviers numériques, l’écriture cursive n’a pas dit son dernier mot. Si elle s’entête à esquisser ses traits à main courante, c’est avec raison : un texto ne sera jamais aussi charmant qu’une note rédigée sur papier. Les consonnes et voyelles manuscrites, fidèles témoins de nos humeurs et révélatrices de notre personnalité, n’ont rien à envier aux caractères d’imprimerie. Elles ont même inspiré une science : la graphologie. Bien sûr, l’écriture cursive vole des secondes à l’instantanéité. Mais au-delà des heures, des jours et des époques, c’est la magie des émotions qu’elle transmet.

Le texte suivant traduit bien la définition du mot cursive. On le doit à Amélie Panneton, auteure du recueil de nouvelles Le charme discret du café filtre (La Bagnole, 2011), du roman Petite laine (Ta Mère, 2017) et du roman jeunesse Comme une chaleur de feu de camp (Hurtubise, 2017). Il s’y est glissé dix erreurs que vous devrez repérer et corriger. Pour ce faire, vous n’avez qu’à cliquer sur le mot qui vous semble erroné. Une fenêtre s’ouvrira alors et il vous suffira de modifier le mot en question, avant de cliquer sur le bouton Modifier. Une fois toutes les corrections apportées, cliquez sur le bouton Corriger. Deux textes apparaîtront : la version initiale avec les fautes soulignées et la version corrigée. Bonne chance!


Quand tes doigts glissent à pas feutré sur le papier, c’est qu’il est tôt et que les caprices du clavier, le S qui craque sous l’horiculaire et les miettes coincées entre les touches, brusqueraient quelque chose – l’idée de la nuit qui continue à déteindre sur le matin, peut-être, ou les possibles déjà ténus de la première lumière. La fenêtre donne sur la rue qui donne sur la ville. Tu les vois tracés leurs angles : la rue s’engage dans une courbe abrute, la ville casse les rondeurs diffuses des nuages. Devant toi, le papier n’a pas de ligne. Tu peux y avancer comme on saute dans une piscine : en en troublant violamment la surface à l’entrée, puis en suivant les vagues les plus prometteuses. Lorsque tu as commencé l’école primaire, tu avais hâte d’apprendre à lire. Tu n’avais pas pensé qu’il faudrait aussi écrire. Le premier matin, dans la cours d’école, une guêpe a fichée son dard dans le pouce de ta main droite. La directrice a nettoyé la plaie et t’a consolée dans son bureau. C’est elle qui t’a raccompagnée jusque dans ta classe. Madame Doucette, quatre pieds onze pouces et rousseur permanentée, t’y attendait avec une craie, un tableau et une consigne : ton prénom en lettres attachées, s’il te plaît. Tu as toujours tenu ton crayon entre le pouce, l’index et le majeur, le bout de tes trois doigts appuyant forts sur l’extrémité. Ce matin-là, la craie s’est glissé au même endroit. Ton pouce enflé a frissonné. Tes lettres tremblotantes se sont blotties dans un coin du tableau. Madame Doucette n’a pas souri.

Quand tes doigts glissent à pas feutrés sur le papier, c’est qu’il est tôt et que les caprices du clavier, le S qui craque sous l’auriculaire et les miettes coincées entre les touches, brusqueraient quelque chose – l’idée de la nuit qui continue à déteindre sur le matin, peut-être, ou les possibles déjà ténus de la première lumière. La fenêtre donne sur la rue qui donne sur la ville. Tu les vois tracer leurs angles : la rue s’engage dans une courbe abrupte, la ville casse les rondeurs diffuses des nuages. Devant toi, le papier n’a pas de lignes. Tu peux y avancer comme on saute dans une piscine : en en troublant violemment la surface à l’entrée, puis en suivant les vagues les plus prometteuses. Lorsque tu as commencé l’école primaire, tu avais hâte d’apprendre à lire. Tu n’avais pas pensé qu’il faudrait aussi écrire. Le premier matin, dans la cour d’école, une guêpe a fiché son dard dans le pouce de ta main droite. La directrice a nettoyé la plaie et t’a consolée dans son bureau. C’est elle qui t’a raccompagnée jusque dans ta classe. Madame Doucette, quatre pieds onze pouces et rousseur permanentée, t’y attendait avec une craie, un tableau et une consigne : ton prénom en lettres attachées, s’il te plaît. Tu as toujours tenu ton crayon entre le pouce, l’index et le majeur, le bout de tes trois doigts appuyant fort sur l’extrémité. Ce matin-là, la craie s’est glissée au même endroit. Ton pouce enflé a frissonné. Tes lettres tremblotantes se sont blotties dans un coin du tableau. Madame Doucette n’a pas souri.